Verdir le pied d’un arbre

Les défis sont nombreux lorsque l’on jardine sous un arbre, mais ils ne sont pas insurmontables. En choisissant les plantes avec soin et en arrosant en profondeur, la cohabitation devient possible entre vivaces, annuelles et arbres urbains.

Au pied d’un arbre, la densité des radicelles laisse peu de place aux plantations. En plus d’accaparer l’espace, les racines transforment le milieu. À travers elles, l’arbre absorbe une bonne partie de l’eau disponible. À la sécheresse s’ajoute l’ombre plus ou moins dense du feuillage. En sélectionnant des variétés vigoureuses et capables de s’adapter à ces conditions, il est néanmoins possible d’établir des plates-bandes au pied des grands arbres. Elles exigeront cependant des soins attentifs, les premières années.

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La difficulté de planter au pied d’un arbre variera en fonction de son type d’enracinement. Le développement souterrain d’un arbre est habituellement proportionnel à celui de ses parties aériennes. Si les racines des chênes s’enfoncent profondément sous la terre, celles des érables de Norvège et des épinettes forment un chevelu dense qui affleure au ras du sol. Mais dans la plupart des cas, la plus grande partie des racines se retrouvent près de la surface, dans les 20 premiers centimètres du sol.

Dans la nature, le pied des arbres est colonisé par une flore diversifiée, composée de plantes annuelles et vivaces. Les plantations au pied d’un arbre donnent à l’aménagement un aspect plus naturel. Ce couvert végétal diminue l’érosion du sol et en préserve l’humidité et la richesse, comme le ferait un paillis. Les soins qui sont apportés à ces plantations : irrigation, ameublissement du sol et fertilisation profitent également aux arbres. Il y a cependant des exceptions. Certaines espèces n’apprécient pas l’augmentation du taux d’humidité à leur pied. C’est le cas des marronniers et des catalpas qui sont plus sensibles à la pourriture des racines.

Préparation du sol

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Au pied d’un arbre, le sol peut être travaillé délicatement à une profondeur d’environ 15 cm. Les 10 premiers centimètres entourant le tronc doivent être laissés dégagés pour éviter tout risque de blessures. Du compost peut être incorporé à la terre de façon à améliorer son aération et sa richesse en éléments nutritifs. Il faut cependant éviter de surélever le sol de plus de 15 cm. Un changement de niveau plus important risque d’asphyxier une partie des racines et entraîner un dépérissement de la cime. Les bouleaux, les chênes et les érables sont particulièrement sensibles à un rehaussement du terrain.

Le choix des plantes

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La pelouse s’adapte mal à un milieu sec et ombragé. L’utilisation de la tondeuse et du taille-bordure risque de blesser le tronc et les racines et de favoriser les infections. De plus, les produits fertilisants riches en azote, utilisés pour stimuler la croissance du gazon, peuvent nuire aux arbres en les rendant plus attirants pour de nombreux insectes ravageurs.

Plusieurs plantes annuelles et vivaces peuvent être plantées au pied des arbres. Certains bulbes à floraison printanière comme les narcisses, les crocus et les scilles peuvent même s’y naturaliser. Ils compléteront leur cycle de croissance avant que le feuillage de l’arbre n’ombrage entièrement la plate-bande.

Le choix des espèces utilisées doit être fait en fonction de la densité de l’ombre, de celle des racines et de l’humidité du sol. Choisissez des spécimens les plus gros possible, dotés d’un chevelu de racine abondant. Un système racinaire suffisamment développé pourra plus facilement concurrencer celui d’un arbre.

Vivaces pour ombre sèche :

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Plusieurs vivaces s’adaptent très bien à l’ombre sèche lorsqu’elles sont bien implantées. La petite pervenche (Vinca minor), le pachysandre (Pachysandra terminalis), le gingembre sauvage (Asarum canadense), le géranium à gros rhizomes (Geranium macrorrhizum) et le bugle rampant (Ajuga reptans) formeront au fil des années un tapis végétal dense. Si l’espace est plus vaste, les barbes de bouc (Aruncus dioicus), les fougères hautes (Matteuccia spp. Osmunda regalis ) et les grands hostas (Hosta cv.) pourront créer plus de volume et de hauteur.

Geranium macrorrhizum

Geranium macrorrhizum sur la High Line, à New York (en compagnie de Tiarella cordifolia et de Phlox divaricata ‘Blue Moon’) Photo : K M

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Vivaces pour ombre légère :

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Sous une ombre légère, par exemple sous le feuillage fin d’un févier, les possibilités sont encore plus grandes : l’herbe aux écus (Lysimachia nummularia) se propage rapidement. Le feuillage argenté de l’alchémille (Alchemilla mollis) et les panachures des lamiums (Lamium maculatum cv.) ajoutent de la lumière aux zones mi-ombragées. Si le site est orienté de façon à recevoir quelques heures de soleil tamisé, les anémones (Anemone hupehensis cv.), les épimèdes (epimedium spp.) et les hémérocalles (Hemerocallis cv.) y prospéreront. Même des plantes très envahissantes comme l’herbe-aux-goutteux (aegopodium podagraria) et le phalaris (phalaris arundinacea) peuvent jouer un rôle au pied des arbres, lorsque l’espace est limité, par exemple dans les fosses de plantation des trottoirs.

Anemone hupehensis

Floraison automnale de l’Anemone hupehensis. Photo : Swallowtail Garden Seeds

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Annuelles pour l’ombre :

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La sélection de plantes annuelles d’ombre offerte dans les jardineries s’élargit d’année en année. Des cultivars florifères de pensées, d’impatiens, de bégonias (Begonia boliviensis  ‘Bonfire’, Begonia ‘Dragonwings.) sont désormais faciles à trouver. Les couleurs étonnantes des nouveaux cultivars de coléus (Solenostemon scutellarioides ‘Dappled Apple’, ‘Sedona’) ajoutent une note pimpante et exotique aux pieds des arbres.

Entretien

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Pour compenser l’assèchement du sol causé par les racines, celui-ci doit être irrigué régulièrement et en profondeur. L’irrigation est particulièrement importante dans la première année suivant la plantation des vivaces. Un engrais riche en phosphore (P), comme la poudre d’os, aidera les jeunes plants à s’enraciner rapidement. Le sol devrait être enrichi annuellement de compost à l’automne ou en début de saison. Les plantes à fleurs bénéficieront quant à elles d’un apport régulier d’engrais riche en potassium (K).

Lorsque la plantation est difficile

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Lorsque le sol est aride et que la densité des racines est telle que la plantation devient impossible, la couverture végétale peut être remplacée par un paillis. Couvrez une superficie équivalante au diamètre des branches. Des plantes en pots pourront être utilisées pour agrémenter cet espaces. Cette solution peut être envisagée au pied des noyers, des marronniers, des catalpas et des vieux érables. Plusieurs annuelles prospéreront en contenant, sans être dérangé par les racines: browalias, impatiens, fuchsias. Si les contenants sont suffisamment grand, des vivaces d’ombre pourront même y être cultivées avec succès.

Bien sûr, cette liste n’est pas exhaustive. L’expérimentation est le meilleur moyen de découvrir les espèces et variétés qui se plairont dans votre environnement, sous tel ou tel type d’arbre.

Pour en savoir plus

Une première version de cet article est parue en juin 2009 dans le défunt magazine Fleurs Plantes Jardin.

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