Les murs végétaux (partie II)

L’ébéniste Éric Bond cherchait à intégrer la matière vivante à ses créations. Il a d’abord incorporé des plantes à certains meubles et à des pièces architecturales. Lorsqu’il a découvert les toitures végétales, il a eu la piqûre et n’a pas hésité à troquer le ciseau à bois pour le sécateur. Après sept années de recherche et d’expérimentation, il a fondé sa propre entreprise, Envirozone, afin de mettre en marché le fruit de son travail : un système de végétalisation fonctionnel et durable qui protège les constructions. Inspiré des toits verts, ce système peut être utilisé tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Les boîtes modulaires sont faites d’acier perforé. La boîte standard a une hauteur de 40 cm et une largeur de 60 cm (16 par 24 pouces). Mais les dimensions et la forme des modules peuvent être modifiées à l’infini afin d’épouser l’architecture du bâtiment. L’épaisseur du module est ajustable en fonction des plantes cultivées. À l’intérieur des boîtes, des attaches retiennent les parois afin que le tout reste parfaitement droit, malgré le poids des années. Les végétaux sont implantés par des ouvertures en forme de losanges sur une ou plusieurs faces.

Les terreaux contenant peu de matière organique sont idéals pour la confection d’un mur végétal. Les mélanges conçus pour les toitures végétales sont les plus pratiques. Leurs composantes inertes sont plus stables et donc plus durables. Chaque boîte est irriguée individuellement par le système d’irrigation. L’eau et la solution nutritive sont ainsi réparties uniformément. De la mousse de sphaigne entoure les goutteurs et permet une distribution uniforme de l’eau, ce qui prévient tout tassement du substrat. Un matelas constitué de mousse de sphaigne prise entre deux filtres UV retient le substrat et empêche son érosion. Il donne au mur une allure nette dès son installation, alors que le couvert végétal n’est pas encore complet.

Des modules contenant une épaisseur de 20 cm de substrat rendent possible la végétalisation des murs à l’extérieur. Au cours des prochaines années, les premiers murs de conifères rampants seront installés au Québec. Les conifères conservent leur couleur même en hiver. Ils résistent aux conditions extrêmes et ont une longue durée de vie. En quelques années, les genévriers prostrés peuvent couvrir une surface de deux mètre carré. L’intérieur du module non cloisonné permet aux racines de se développer librement. Lors de la plantation, l’espace entre les conifères est comblé par des vivaces; sedums, thyms ou sagines. Les feuillages de ces plantes créent un contraste de couleurs et de textures qui se transforme selon la saison. L’emplacement des genévriers est soigneusement calculé afin que le conifère couvre tout l’espace en quatre à cinq ans.

Ces murs végétaux exigent un entretien minimal, mais un suivi régulier. Les plantes les plus vigoureuses doivent être taillées. Le système d’irrigation doit être maintenu propre. Des produits conçus pour la culture hydroponique permettent de débarrasser les tuyaux des excès de calcaire sans nuire aux racines. Avant les premiers gels, le système d’irrigation est complètement vidangé. Un compresseur injecte de l’air dans la tuyauterie jusqu’à ce que toute trace d’eau ait disparu. Le mur entre alors dans une période de dormance jusqu’au printemps suivant. La technique est encore nouvelle, mais Éric Bond estime qu’un mur végétal pourrait se passer d’arrosage et de fertilisation après environ trois ans, dans la mesure où il peut recevoir les eaux de pluie. Le premier mur végétal extérieur « quatre saisons » est en démonstration à la Biosphère sur l’île Sainte-Hélène.

Pour en savoir plus : Envirozone

5 réflexions sur “Les murs végétaux (partie II)

  1. C’est éco-responsable l’utilisation du sphaigne? N’est-ce pas une une ressource non-renouvelable qui met plusieurs milliers d’années à ce reconstituer? En février 2011, le gouvernement anglais annoncait prendre des mesures pour en éliminer progressivement son emploi dans le secteur public d’ici à 2015.

    • La Sphaigne n’est plus utilisée dans les système d’EnviroZone, elle palliait à l’époque au problème d’érosion des sols en façade du Sytème Eco-Vertical. Une couche de 1 cm était alors apposée derrière la grille de façade des boites végétales.
      La R&D à fait son travail et maintenant, tout matériaux non renouvelable ont été remplacés.

      Par contre, la mousse de sphaigne, utilisée en parcimonie contribue à la prolifération des bryophytes par son acidité, allez le constater au Parc Jean Drapeau, près de la Biosphère. Les bryophytes ont pris partout où il y avait de la sphaigne. c’est très jolie !

      Éric Bond

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s