Les murs végétaux (partie I)

Dans leur course vers la lumière, les plantes ont fait depuis longtemps la conquête des espaces verticaux. Toute une flore s’est développée dans des milieux aussi inhospitaliers que les falaises et le flanc abrupt des montagnes. Sous les tropiques, les plantes épiphytes ont colonisé les troncs et les branches des grands arbres. Elles survivent sans aucun contact avec le sol, absorbant l’humidité de l’air et se nourrissant des débris végétaux qui s’accumulent dans la moindre fissure.

Au cœur de nos villes, les murs sont souvent des espaces perdus. Ils amplifient les bruits ambiants et contribuent à l’accumulation de la chaleur lors des canicules. En les habillant, les plantes brisent leur monotonie et créent de somptueux tableaux, riches en couleurs et en textures. Le couvert végétal isole les bâtiments. Il et les protège des chaleurs et des froids extrêmes et il étouffe les sons. Les murs végétaux captent et retiennent une partie des eaux de pluie et ils purifient l’air en absorbant le CO2 ainsi que plusieurs polluants atmosphériques.

Des techniques nouvelles permettent aujourd’hui de végétaliser les murs, aussi bien à l’intérieur des bâtiments qu’à l’extérieur. Et ce malgré les rigueurs du climat.

Parthenocissus quinquefolia (ruelle Fabre/Garnier)

1 ère option : utiliser les plantes grimpantes

L’utilisation des plantes grimpantes est la méthode la plus ancienne pour végétaliser les murs. Plusieurs grimpantes ont une vigueur suffisante pour couvrir de très grandes surfaces en quelques années. Contrairement à la croyance populaire, la présence des grimpantes n’augmente pas le taux d’humidité près des murs. Au contraire, les constructions recouvertes de végétation sont toujours plus sèches. La couverture du feuillage empêche les pluies d’atteindre directement le mur. Les plantes absorbent également une partie de l’humidité ambiante. De plus, en bloquant le passage des rayons UV, le couvert végétal prolonge la durée de vie des matériaux.

Cependant, si le mur est fissuré, la croissance des racines et des tiges risque d’abîmer le mortier et de desceller les pierres ou les briques. Une inspection annuelle est nécessaire afin de déceler toute fissure. Les plantes grimpantes n’endommageront pas les murs en bon état . Une taille annuelle est requise pour contrôler le développement de certaines plantes. Un entretien régulier est particulièrement important près des gouttières et des fenêtres.

En s’agrippant aux surfaces lisses à l’aide de ventouses ou de racines aériennes, certaines grimpantes laissent des marques sur le parement d’un bâtiment. Afin de limiter les risques de dommages aux murs anciens, l’organisme Vivre en ville a mis à l’essai, depuis juillet 2004, un système de végétalisation sur un support indépendant du mur à couvrir. Les concepteurs ont voulu créer une méthode simple, rapide et peu coûteuse de végétaliser un bâtiment.

Une structure faite de grillages en acier inoxydable est fixée, parallèlement au mur, par des ancrages réguliers. Les grimpantes sont ensuite implantées au pied de ce support. Un espace d’environ 20 cm, entre le mur et les plantes, protège le parement tout en augmentant l’effet d’isolation. La vigne vierge (Parthenocissus quinquefolia), qui prend rapidement de la hauteur et forme un couvert très dense, est la grimpante qui a donné les meilleurs résultats.

Image1
Schéma du mur de Vivre en ville , Système Vertinox d’Envirozone

Les végétaux couvrent désormais le mur sud du Centre culture et environnement Frédéric Back, un bâtiment de la rue Salaberry à Québec. La couverture n’est pas encore complète, mais le bilan est déjà positif. Le mur végétal retient près de 30 % de la chaleur qu’il reçoit, ce qui devrait rendre inutile l’installation d’un système de climatisation. Les plantes atténuent les bruits de la ville et du trafic aérien. A ces avantages s’ajoute l’amélioration de la qualité de l’air.

(à suivre…)

3 réflexions sur “Les murs végétaux (partie I)

  1. Je suis éléve en seconde au lycée Louis Mallet à Volzac (15) et je suis amené avec trois autres camarades à aménager un mur en béton. Nous serions intérressés de végétaliser le mur mais nous aimerions avoir quelques conseils.

    Personnellement, je trouve la végétalisation des murs comme un moyen vraiment ingénieux pour mettre un peu de couleurs dans les villes.

    • Les plantes rustiques réagissent aux changements de température et de lumière. Lorsque les jours raccourcissent vers la fin de l’été, elles cessent leur croissance et commencent un processus qui s’appelle l’aoûtement. Les arbres, les arbustes et certaines plantes vivaces durcissent leurs tissus puis entrent progressivement en dormance. Les feuilles des arbres feuillus et des mélèzes tombent. Plusieurs transformations ont lieu dans le métabolisme des plantes pour leur permettre de ne pas être abîmées par le froid et de survivre alors que l’eau n’est plus disponible.

      Pour en savoir plus :
      La dormance
      L’acclimatation au froid chez les plantes

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