Envahissantes ?

Dans le langage courant, une plante est dite « envahissante » lorsqu’elle est très vigoureuse et qu’elle se multiplie sans avoir besoin des soins du jardinier. Cette particularité peut être un problème dans une plate-bande bien ordonnée. Mais elle peut devenir un formidable avantage dans les milieux où les conditions sont difficiles : pauvreté du sol, salinité, sécheresse. Le lilas commun (Syringa vulgaris), par exemple, s’est échappé de culture. Il pousse désormais à l’état sauvage. Sa présence ne nuit aucunement aux plantes natives de la région.

Il existe cependant des espèces dont la vigueur est telle, qu’elles mettent en péril la survie des espèces indigènes. En occupant tout l’espace, elles étouffent les végétaux moins vigoureux et réduisent la diversité des milieux. On les appelle espèces exotiques envahissantes. Le roseau commun (Phragmites australis), qui a colonisé les abords des autoroutes du Québec, est un exemple. Ces végétaux ont été introduits dans nos régions de façon accidentelle ou intentionnelle, et elles sont particulièrement difficiles à éradiquer. Il faut donc éviter le plus possible de cultiver ces plantes dans nos jardins.

La salicaire pourpre, introduite de l’Europe au début des années 1800 pour servir de plante ornementale de jardin, a envahi les terres humides partout dans l’est de l’Amérique du Nord, supplantant nombre d’espèces indigènes. Les terres humides sont les milieux les plus riches en biodiversité de notre écosystème. Quand cette fleur pourpre étouffe un habitat, cela a des répercussions sur des centaines d’espèces de plantes, d’oiseaux, de mammifères, de reptiles, d’insectes, de poissons et d’amphibiens, dont la survie dépend de ces terres humides.Trois provinces seulement interdisent la vente de la salicaire pourpre; on peut se la procurer dans les centres de jardinage partout ailleurs au Canada.

Source : Faune et Flore du Pays

Lythrum salicaria
Photo : Cory Lindgren

Plusieurs cultivars de salicaire moins fertiles ou complètement stériles (salicaire ‘Terra Nova’ ou ‘Robert’) sont offerts dans les jardineries du Québec. Mais les chercheurs émettent l’hypothèse que le pollen de ces variétés pourrait tout de même jouer un rôle dans la propagation de la salicaire pourpre. Le principe de précaution voudrait donc que l’on évite de cultiver toutes variétés de salicaires dans nos jardins.

Plusieurs espèces alternatives peuvent remplacer la salicaire dans un aménagement :

L’impatiente de l’Himalaya (Impatiens glandulifera) est une autre plante qui envahit les milieux naturels. Il s’agit d’une annuelle qui se propage par ses nombreuses semences. L’impatiente du Cap (Impatiens capensis), qui est indigène dans le sud du Québec, pourrait être supplantée par l’impatiente de l’Himalaya. Afin de préserver notre patrimoine naturel, il est préférable d’éviter de la cultiver.

Impatins capensis
Photo : Wikipédia

Pour en savoir plus :
Plantes envahissantes des habitats naturels du Canada, Environnement Canada

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