Le compost, un aide mémoire

Le compost est le résultat de la décomposition de la matière organique par des micro-organismes, en présence d’eau et d’oxygène. En contrôlant l’aération, la température et le taux d’humidité, le jardinier utilise le travail des micro-organismes de manière à accélérer la décomposition.

Lorsque le compost est mûr, ces résidus ont atteint un état de stabilité biologique. De couleur brun foncé, le compost a l’apparence et l’odeur d’un terreau. Il est utilisé pour amender le sol et fertiliser les végétaux. Un apport de compost allège les sols et améliore leur aération et leur drainage. Le compost corrige le pH des sols trop acides et fournit aux végétaux tous les éléments dont ils ont besoin.

Qu’est-ce que le compostage ?

Le compostage permet de réduire la quantité de déchets envoyés à l’enfouissement et de réutiliser plusieurs éléments essentiels aux plantes qui sont présents dans les matières organiques. Un compostage réussi permet une transformation rapide de la matière, sans odeurs nauséabondes.

Que peut-on mettre dans le compost ?

Toute matière organique peut, en théorie, être ajouté au compost. Il existe 2 types de matières organiques : les matières sèches ou brunes (riches en carbone) et les matières humides ou vertes (riches en azote). Il est recommandé d’alterner les couches de matières brunes et de matières vertes.

 

Matières riches en carbone

(brunes, sèches)

Matières riches en azote

(vertes, humides)

Matières à ne pas composter

  • Feuilles mortes
  • Paille
  • Marc de café avec filtre
  • Sachet de thé
  • Pâte alimentaire, riz, pain
  • Sciure de bois
  • Terre
  • Papier et journaux
  • Tissus naturels
  • Cheveux, ongles
  • Plumes, litière d’oiseaux
  • Plantes séchées
  • Fruits et légumes
  • Rognures de gazon fraîches
  • Mauvaises herbes fraîches (sans graine)
  • Fumier mature
  • Algues
  • Viande et poisson, os, gras
  • Produits laitiers
  • Cendre, chaux, briquette de BBQ
  • Excréments d’animaux ou humains
  • Poussière d’aspirateur, charpie de sécheuse
  • Matériaux contaminé (pesticides, bois traité)
  • Mauvaise herbe montée en graines
  • Plante ou feuillage malade

 

Les grands principes

1. Rapport carbone/azote : Il faut ajouter approximativement deux volumes de matières brunes, riches en carbone, pour un volume de matières vertes, riches en azote.

2. Alternance des déchets organiques : plus les déchets seront diversifiés, plus le compost sera riche.

3. Grosseur des déchets organiques : Les déchets de petite taille se décomposeront plus rapidement. Pour accélérer le processus, il est parfois nécessaire de couper ou de broyer les résidus avant de les ajouter.

4. Aération et humidité : Le taux d’humidité et l’aération sont complémentaires. Il faut trouver l’équilibre entre ces deux variables. Pour effectuer rapidement leur travail de décomposition, les micro-organismes ont besoin d’oxygène et d’eau.

L’oxygène est essentiel à la survie des organismes décomposeurs. Si l’oxygène vient à manquer, la matière fermentera au lieu de se décomposer. L’aération devrait être effectué à tous les 7 à 10 jours. Un aérateur, une fourche ou une pelle peuvent être utilisé pour aérer la matière en décomposition. L’aération est une bonne occasion de vérifier le taux d’humidité.

Les micro-organismes qui assurent la décomposition ont besoin d’un bon taux d’humidité. La matière doit être humide sans être détrempée. Protéger votre compost des intempéries pour qu’il ne soit pas inondé : il est plus facile d’ajouter de l’eau que d’en enlever !

Afin de vérifier le taux d’humidité, formez une boule dans la main comme si vous feriez une balle de neige. Si la boule s’effrite, le compost est trop sec. Si l’eau perle, c’est qu’il est trop mouillé. Lorsque nécessaire, humectez le terreau légèrement et graduellement. L’eau de pluie est idéale pour l’ajouter au compost. Si vous utilisez de l’eau du robinet, laissez-la reposer 24 heures. Le chlore, qui pourrait nuire aux micro-organismes, aura ainsi le temps de s’évaporer.

5. Volume optimal : Plus le tas est volumineux, plus l’activité des organismes décomposeurs sera importante et la température élevée. L’augmentation des températures rend le compost plus sain en détruisant plusieurs pathogènes. (Pour le compostage domestique, dans nos régions, un volume maximal de 1 m3 est recommandé. Un volume plus élevé risque de se compacter et d’être difficile à manipuler.)

Le compostage par étapes

Choix du site approprié :
Pour des raisons pratiques, le composteur devrait être près de la maison. Autant que possible, son contenu devrait être en contact direct avec le sol pour faciliter la venue des organismes décomposeurs. Sinon, de la terre provenant d’un jardin doit être ajouté pour introduire des organismes dans le compost et, ainsi, activer le processus.

Les endroits mi-ombragés permettent un meilleur contrôle de la température.

Drainage :
Déposer des matériaux grossiers au fond pour former un « nid » qui améliorera le drainage : branches, paille, feuilles mortes,…

Ajouts des matières à composter :
Alterner les étages de matériaux verts et bruns (5 à 6 cm par étage), jusqu’à une hauteur maximale de 1 mètre.

Aération :
Aérer le tas à tous les 7 à 10 jours et arroser au besoin.

Maturation :
Lorsque le composteur est plein, sceller le tas avec une couche de terre ou de paille et continuer d’aérer périodiquement. La maturation complète du compost (lorsque toutes les matières sont complètement décomposées) peut prendre de trois semaines à trois mois. Même jusqu’à un an lorsque le processus de compostage n’est pas efficace.

Tamisage :
Si nécessaire, vous pouvez tamiser le compost à l’aide d’un grillage grossier.

Des problèmes et des solutions

Odeurs nauséabondes :
Ces odeurs peuvent être causées par un déséquilibre entre l’azote et le carbone ou par un manque d’aération. Ajoutez des matières riches en carbone (feuilles mortes, paille,…) et aérez le tas. Dans certains cas, un retournement complet du tas peut être nécessaire.

Présence d’insectes nuisibles :
Les limaces, perce-oreilles et mille-pattes participent à la décomposition de la matière. Si le composteur est bien alimenté, ils y resteront. Il est possible d’installer des pièges ou des barrières (coquille d’œufs, terre diatomée ou cendre) entre les composteurs et les plates-bandes.

Présence de mouches ou de guêpes :
Ces insectes sont attirés par le sucre des fruits. Recouvrir les déchets de fruits avec de la matière riche en carbone (paille, sciure, feuilles mortes séchées, papier journal).

La matière ne se décompose pas :
S’il y a trop de matières riches en carbone ou si la matière est trop sèche, la décomposition s’arrête ou ralentit. Ajouter graduellement des matières riche en azote et humectez légèrement le tas. Aussi, la décomposition ralentit lorsque les morceaux de matières organiques sont trop gros : coupez-les.

Visite de petits mammifères et rongeurs :
Ces animaux sont attirés par les déchets de viandes, les os et les produits laitiers. N’ajoutez pas ces produits dans le composteur. Aussi, fixer le couvercle sur votre composteur pour les empêcher d’y entrer.

Pour en savoir plus :

Le compost facilité, guide sur le compostage domestique, Nova Envirocom, 2002 (PDF)

Conseil Canadien du Compostage

Une réflexion sur “Le compost, un aide mémoire

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